Ros bratel (fèves en sauce)

Ros bratel (fèves en sauce)

 

C’est la saison des fèves et on peut les cuisiner de moult façons.
Mais il existe une recette particulière *Ros Bratel* tant appréciée des algérois, el fahs * nass ledjnayene *.
L’appellation est assez particulière : têtes d’oiseaux .
Ros (رؤوس) : têtes.
Bratel (البرطال و الجمع براطل) : un petit oiseau nommé le Bruant Striolé, paraît-il.
Les fèves coupées menu donnent l’impression de tête de cet oiseau.

La recette très ancienne,  d’origine andalouse, est simple en elle-même mais différente selon les familles et selon les régions d’Algérie.
Ma très chère Sarah Dekli , si généreuse, me livre la leur. Je la remercie vivement.
En fait, ce plat s’accompagne de djben mselmine (fromage musulman).

Sa mère lui racontait qu’au printemps, les fèves tendres et le djben mselmine (au lait de chèvre) allaient de pair .
C’était la saison où les chèvres sevraient leurs petits donc le lait coulait à profusion. Alors, on en fabriquait du bon fromage nommé djben mselmine (taklilt en berbère) .
Je l’ai remplacé par de l’excellente féta artisanale de Grèce .

La recette :

Ingrédients :

500g de fèves tendres
1 petit bouquet de coriandre
4 cuillères à soupe d’huile
5 gousses d’ail
Sel
1 piment sec
1 cuillère à soupe de farine
1 cuillère à soupe de vinaigre
Djben mselmine ou féta de brebis.

Préparation :

Ôter les fils collatéraux des fèves tendres et les couper finement.
Les faire revenir dans l’huile avec la coriandre ciselée.
Piler les gousses d’ail avec sel et piment préalablement mouillé 5 minutes dans de l’eau.
Puis ajouter cette dersa obtenue diluée avec un petit verre d’eau.
Laisser mijoter 5 minutes puis
recouvrir d’eau.
Dès cuisson, lier la sauce avec 1 cuillère de farine diluée avec du vinaigre et un peu d’eau froide.
Remettre le tout dans la marmite puis cuire pendant 2 minutes .
Présenter le plat avec des petits carrés de fêta ou djben.
Certaines familles, notamment à Blida, ajoutent un peu de riz , façon de lier la sauce.

Parsemer de coriandre fraîche et à déguster avec du bon pain fait maison.

A propos de ce plat, dans un groupe d’algérois , j’ai beaucoup apprécié le descriptif d’un monsieur qui écrivit ceci :
*Il faut lier la sauce avec de la farine délayée avec du vinaigre, versée en fin d une cuisson prolongée de 3 minutes encore.
Un détail très important : ne pas oublier le fromage.
Le Djben la3reb, de brebis, bien dessalé puis découpé en petits cubes qui seront dispersés sur la surface du ragoût, une fois, versé dans le plat de service.
Ces cubes blancs décorent et illuminent joliment ce mets vert sombre, en rehaussant le caractère gustatif.
On peut adjoindre de la feta à la place ou du fromage en portion si le djben traditionnel devenant difficilement trouvable , venait à manquer.
Un délicieux mets de printemps qui utilise des fèves fraîches dans leurs longues gousses tronçonnées seulement à la main de façon à pouvoir retirer les filaments latéraux.                                                       ( J’aide ma femme à cette tâche, à écosser la loubia et les petits pois, comme mon père aidait ma mère d’ailleurs ).*

Fifi Menak ajoutera que son époux , à la retraite, adorant le mesfouf, s’accorde lui aussi cette tâche d’écosser les petits pois et s’occuper des fèves, sans oublier (les haricots à écosser) loubia tefsas : on en raffole.



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